Interview par le magazine Art Asia Pacific le 21 juin 2018

Le 28 février, selon un compte rendu du Art Newspaper du 12 juin, la Haute Cour de Paris (Note: Cour de Cassation) a accordé au marchand d'art français Philippe Koutouzi, basé à Hong Kong, le droit d'auteur sur les œuvres de l'artiste chinois T'ang Haywen.

Cette décision met un terme à une lutte de plusieurs décennies sur la propriété du patrimoine de l'artiste après sa mort sans héritier apparent en 1991. T'ang avait passé la majeure partie de sa carrière artistique à Paris, où il s'est installé en 1948. Ses biens avaient été absorbés par l'État français quand un héritier n'avait pu être trouvé.

Koutouzi, un ardent défenseur de l'œuvre de T'ang qui écrit actuellement le catalogue raisonné de l'artiste, a retrouvé son frère survivant en Chine quelques années plus tard, transférant avec succès la succession de T'ang à son frère en 1995. Le frère de l'artiste signe alors un acte notarié cédant le droit d'auteur à Koutouzi pour une somme symbolique d'un franc.

Le frère décédé, le règlement a été contesté par le marchand d'art parisien Enrico Navarra, qui a déposé en 2011 une plainte en France contre Koutouzi pour fraude organisée . Navarra soutenait que Koutouzi, pour son propre profit, avait menti sur l'existence du frère de T'ang A l'issue d'une enquête pénale, aucun élément de preuve n'a été trouvé à l'appui de l'affirmation de Navarra; ce qui a été réitéré par la Haute Cour lorsque la décision d'attribuer à Koutouzi le droit d'auteur a été rendue.

Koutouzi s'est engagé dans de multiples litiges au sujet de ses affirmations selon lesquelles des douzaines d'œuvres attribuées à T'ang sont des contrefaçons. Ce problème est devenu d'autant plus pertinent que le travail de T'ang a gagné en popularité et en notoriété depuis la fin des années 1990, avec des expositions importantes au Taipei Fine Arts Museum en 1997, au Musée Guimet, Paris, en 2002, à Art Basel Hong Kong en 2013 et à la galerie de Sarthe, Hong Kong, en 2014. Le record des ventes aux enchères de l'artiste a atteint un nouveau sommet en 2015 lorsqu'un tableau abstrait sans titre produit vers 1964-66 a été vendu pour 3.4 millions HKD (438.590 USD) par Sotheby's Hong Kong.

Koutouzi est actuellement président de l'association T'ang Haywen Archives de Hong Kong, qui s'emploie à rassembler des documents sur la vie de l'artiste et à protéger l'ensemble de son œuvre. Il a déclaré à ArtAsiaPacific par courrier électronique qu'il continuera à lutter contre la contrefaçon non seulement par des moyens judiciaires, mais aussi par une "approche éducative", mettant à profit sa connaissance du travail de l'artiste, qu'il partage sur le site Web de T'ang Haywen Archives, ainsi que son expertise technique, par des études comme la datation au carbone. (Note: au Carbone 14)

"T'ang Haywen Archives n'est plus seul dans cette lutte ; plusieurs marchands qui ont été abusés par des faussaires ont engagé des poursuites judiciaires...", a-t-il ajouté.

Au sujet de sa détermination à protéger l'héritage artistique de T'ang, Koutouzi a fait remarquer: "Après avoir vu quelques peintures de T'ang et appris les détails de sa vie, j'ai compris qu'il était un peintre singulier. Détaché, sincère et généreux; léger mais puissant; éminemment reconnaissable, avec ses grands diptyques, mais peu soucieux de sa renommée; inventeur et pionnier de certains modes d'expression contemporaine. Le long et difficile voyage judiciaire est devenu un élément de sa biographie, démontrant que même aux yeux des personnes les plus malfaisantes, T'ang est un artiste important qui ne peut être ignoré."

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